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Bienvenu !

Ce blog se veut un lieu d'échange de savoir d'abord sur le thème de la botanique locale. Mais la porte reste ouverte à d'autres sujets naturalistes (entomologie, géologie…). L'objectif étant de rester aussi scientifiquement exact que possible, tout en restant pédagogue.

Parmi les sujets à venir : quelques labiées estivales, les onagres d'ici, plantes introduites en Cévennes, duplication…

N'hésitez pas à intervenir sur les billets parus ou proposer des thèmes qui vous intriguent (à la manière des "ptits bateaux" de France Inter !).

 

Bonne lecture.

Duplication

Ranunculus bulbosus Ce vocable d’une élégance discutable rassemble plusieurs définitions. Ce n’est pas le sens plus ou moins mathématique qui nous intéresse ici ; par contre, le sens biologique du Petit Robert pourrait se rapprocher du sujet de ce blog (duplication chromosomique). Mais c’est finalement l’approche horticole, moins connue (et ignorée du Petit Robert), que je souhaite aborder.

Selon les dictionnaires, on peut trouver également la variante « duplicature ». Procédons par exemple : tout le monde connaît l’églantine et ces cinq élégants pétales, qui n’est rien d’autre qu’une rose sauvage. Pourtant quelle différence d'aspect avec nos roses horticoles aux fleurs comptant d'innombrables pétales ? Nous restons pourtant dans le même genre (Rosa) ! Nous avons à faire à un exemple typique du phénomène de duplication. Penchons nous plus près et observons mieux cette rose de jardin. Certains de ces pétales surnuméraires semblent déformés et présentent une demi-anthère plus ou moins complète. En fait, ces pétales sont une transformation des étamines, très nombreuses chez les roses. On parle alors de fleurs doubles ou pleines.

C'est un phénomène très commun chez les plantes horticoles, que les sélectionneurs ont largement favorisé et propagé. Ainsi les exemples de duplication sont légion dans nos jardins : camélia, fuchsia, anémone... Chez les Rosacées, citons le très célèbre corète du japon, Kerria japonica, très commun dans les vieux jardins cévenols, qui n'est quasiment connu que sous sa forme double ('Pleiniflora'), la forme sauvage à fleurs simples n'étant qu'exceptionnellement cultivée. Il existe aussi de nombreux cultivars dit à fleurs doubles chez les Astéracées (des zinnias ou certains tournesols par exemple). Mais chez les Astéracées, ce ne sont pas les étamines qui sont transformées en pétales, mais les fleurons ligulés (1) qui sont non seulement présents en périphérie du capitule, mais également en son centre. Ces formes horticoles sont généralement (à l'exception des espèces annuelles) reproduites par clonage (bouturage, greffage...).

Dans le milieu naturel, ces mutations quand elles se produisent ne se maintiennent généralement pas d'une génération à l'autre. Le phénomène est donc assez rare et fugace. Il est toutefois possible de l'observer ponctuellement, comme ce fut le cas pour cette renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus) croisée ce printemps dans nos Cévennes. Originale non ?

 

(1) : Rappelons que dans la famille des Astéracées (anciennement Composées), ce qui est généralement considéré comme la fleur est en fait une inflorescence comprenant de très nombreuses petites fleurs (les fleurons) disposées sur un réceptacle, le tout formant le capitule. Pour situer les fleurons ligulés, imaginez une marguerite : il s'agira de ses "pétales" blancs.

Thym serpolet ?

Dans nos Cévennes siliceuses le thym commun (Thymus vulgaris), n’est finalement fréquent que soigneusement cultivé dans nos potagers. En effet c’est une plante qui à l’état sauvage affectionne surtout les sols calcaires. Ce qui en fait une espèce surtout commune des garrigues. Soit, le botaniste fouineur le repèrera localement sur silice par exemple au col St Pierre (limite Gard Lozère), vers Soustelle (Gard) ou encore au col de la Croix de Bourrel. Mais la naturalité de ces stations n’est pas toujours certaine et elles restent anecdotiques.

Thym des Cévennes

Le port caractéristique

du thym des Cévennes

Thym des Cévennes

Détail de l'inflorescence

Par contre un thym au port plus tapissant est très fréquent ici et est communément appelé thym serpolet. Rappelons au passage que sous l'appellation de thym serpolet se cache en fait plusieurs espèces, pas toujours faciles à distinguer et qu’il convient donc mieux de parler des thyms serpolets au pluriel !

Mais dans les Cévennes, à basse altitude, il ne s’agit ni de thyms serpolets ni de thym vulgaire, mais d’une espèce à part, intermédiaire entre ces deux groupes, et endémique des Cévennes ; s’il vous plait ! Quand nous croisons un thym à St Germain ou à St André, il s’agit du thym des Cévennes, Thymus nitens ! Le thym des Cévennes est sous-ligneux (la base des tiges est ligneuse), ce qui le distingue des serpolets, totalement herbacés ; par contre il n’a pas le port dressé du thym commun et ses feuilles n’ont pas les bords enroulés. Quant à son parfum, il n’a rien à envier au thym commun !

Voici une vérité rétablie. Cessons d’appeler le noble thym des Cévennes "serpolet", rendons lui sa juste identité !

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