La flore des Cévennes et du Calbertois

à venir : les principaux biotopes du secteur et leurs espèces caractéristiques


Constituant la limite sud du Massif Central, les vallées cévenoles profitent d'une nette influence méditerranéenne. Ces vallées contrastent particulièrement avec les régions plus méridionales voisines, notamment par la prédominance du schiste qui forme des reliefs forts escarpés sans accuser pour autant des altitudes très importantes.

Le texte suivant vous propose milieu par milieu, un petit aperçu de la richesse floristique de cette région. Au fil des saisons, j’enrichirai régulièrement cette page de nouvelles photos.

 

La chênaie verte et ses lisières

Comment parler de la végétation des vallées cévenoles sans commencer par le chêne vert (Quercus ilex). Essence dominante naturelle des régions méditerranéennes, l'yeuse règne sur tous les coteaux bien exposés. Les paradoxes de la nature font de son bois l'un des meilleurs combustibles qu'il soit, alors qu'il pousse sous des climats relativement doux ! Dans les Cévennes, sa flore compagne est particulièrement peu variée, notamment à cause de son couvert dense. On y rencontre diverses lianes, rendant souvent ces sous-bois difficilement pénétrables.

La Garance voyageuse (Rubia peregrina), proche cousine de la garance des teinturiers dont les racines fournissaient une teinture rouge, en fait partie. C'est une espèce parfois envahissante, ne se contentant pas des couverts forestiers puisqu'on la croisera aussi en lisière et dans les maquis. Autre liane, la salsepareille (Smilax aspera), la célèbre herbe des Schtroumpfs n'a vraiment rien d'appétissant, avec ses feuilles vernissées et tachées de clair, armées d'aiguillons. C’est une espèce plus thermophile, peu fréquente dans le Calbertois, mais qui est bien présente dans le secteur de Sainte Croix Vallée Française par exemple. Le tamier (Tamus communis) n’a pas une répartition strictement méditerranéenne et se rencontre à travers toute la France. Il est parfois consommé à la manière des asperges sauvages. Mais il faut bien reconnaître que même les toutes jeunes pousses de cette herbacée grimpante restent amères ; la plante adulte est d'ailleurs toxique et ses racines possèdent des propriétés antiechymotiques, d'où son nom vernaculaire " d'herbe aux femmes battues ". L’asperge sauvage (Asparagus acutifolius) est d’ailleurs souvent présente en lisière de chênaie, formant parfois d’épais et acérés buissons, au cœur desquels, au printemps on pourra récolter ses délicats turions.

Les amateurs de fougères remarqueront aussi une espèce voisine du capillaire noir (Asplenium adiantum-nigrum), l'asplénium onoptéris (Asplenium onopteris), qui se reconnaît à ses frondes beaucoup plus fines aux extrémités, lui conférant un port " plus aérien ".

Les secteurs plus frais de ces chênaies abritent une petite violette acaule qui fleurie au tout début du printemps (dés février), typiquement méditerranéenne et qui répond au doux nom de Viola alba subsp dehnhardtii. Et contrairement à ce que subodore son nom d’espèce (alba), ses fleurs sont violettes !

 

La châtaigneraie

Si le botaniste présente en premier lieu le chêne vert et son cortège, l'ethnologue donnera la primauté au châtaignier (Castanea sativa), l'arbre à pain des Cévennes.

Cet arbre a longtemps été la base de l'économie rurale cévenole, fournissant bois d'œuvre et de chauffage et surtout la châtaigne, aliment principal durant la majeure partie de l'année.

Aujourd'hui, l'ensemble de la châtaigneraie cévenole est relativement dégradée, à l'exception des vergers entretenus par quelques producteurs. Ici, comme sous le chêne vert, la diversité floristique n'est pas très élevée. Souvent domine la fougère aigle (Pteridium aquilinum), laissant peu de place aux autres espèces.

Toutefois, certains de ces sous-bois s'illuminent en fin d'été des grandes fleurs jaunes des sauges glutineuses (Salvia glutinosa). Cette espèce, assez peu répandue en France, est assez abondante dans les Cévennes. Fréquente aussi, mais de préférence en lisière, l'aristoloche ronde (Aristolochia rotunda) sait se faire bien plus discrète, ses fleurs brunes n'attirant guère le regard. C'est toutefois une plante forte élégante pour qui sait l'admirer.

Châtaignier (Castanea sativa)aristolochia-rotunda.jpg

Le maquis

Milieu plus ouvert, le maquis est une autre dominante des paysages cévenols.

Les substrats arides et au pH très acide des maquis sont particulièrement favorables au Bruyères. On y rencontre quatre espèces, constituant souvent l'essentiel de ces milieux. La plus abondante est la bruyère arborescente (Erica arborea) panachant de petits nuages blancs les coteaux siliceux de notre région au début du printemps. La bruyère à balais (Erica scoparia) ne signale sa discrète floraison au promeneur que par les fines pluies de pollens qu'elle abandonne au moindre contact avec sa ramure. Elle se distingue de la première par ses rameaux glabres (sans poils), tandis que ceux de la bruyère arborescente sont légèrement cotonneux. Ces deux espèces sont de grandes bruyères mesurant communément plus de deux mètres de haut et pouvant atteindre les quatre ! La bruyère cendrée (E. cinerea), de taille plus modeste n’en est pas moins élégante avec ses délicates clochettes violettes en été. La callune (Calluna vulgaris), n’est pas une véritable bruyère au sens botanique. Ses feuilles en écaille, et ses fleurs aux pétales libres (et non en clochette) la distinguent des Erica. C’est une espèce à très large amplitude écologique, capable de coloniser des milieux de plaine jusqu’à des altitudes élevées (jusqu’à 2500 m), de croître dans les maquis les plus arides et de se plaire dans certaines tourbières ; tant que le sol reste acide !

Parmi les autres ligneux fréquents, l'arbousier (Arbustus unedo) ne doit pas être confondu avec son quasi homonyme, l'argousier arbrisseau drageonnant et épineux croissant sur les sables littoraux et les rives du Rhône. L'arbousier est aussi appelé arbre aux fraises, car ses fruits rouges et comestibles en novembre rappellent ceux du fraisier. On observera aussi deux membres de la famille de l’olivier : les filaires à feuilles larges et étroites (et Phyllerea latifolia et P. angustifolia) qui ne sont pas sans rappeler le troène.

Moins fréquent, l’adénocarpe (Adenocarpus complicatus subsp. complicatus), endémique des Cévennes, est un arbrisseau proche des genets aux délicates grappes de fleurs jaunes et aux gousses glanduleuses.

Plusieurs espèces de cistes cotoient ce biotope. Le ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius), aux élégantes fleurs blanches y est abondant. Bien plus rares sont le discret ciste de Pouzolz (Cistus pouzolzii) et le plus spectaculaire ciste à feuilles de peuplier (Cistus populifolius). Ces deux derniers sont d’ailleurs protégés. Le premier doit son nom au botaniste De Pouzolz auteur d'une flore gardoise en 1862. Cet arbrisseau reste bas et se reconnaît à ses feuilles grises et ondulées. Le second est au contraire un arbuste bien plus vigoureux aux feuilles pétiolées et en cœur à la base.

Toujours dans la famille des cistes (Cistacées), deux halimiums sont présents dans la région : l'halimium faux-alysson (Halimium lasianthum subsp. alyssoides) à fleurs jaunes, et l'halimium en ombelle (Halimium umbellatum) à fleurs blanches, deux sous-arbrisseaux ayant une affinité ibéro-méditerranéens , peu fréquentes en France et typique des landes acide.

Si les Cistacées précédentes sont toutes des espèces ligneuses, l’hélianthème à goutte est elle une charmante petite herbacée annuelle aux pétales jaunes ornés d’une macule noire à la base. Elle est très fréquente en Cévennes dans les secteurs les plus ouverts du maquis, mais aussi dans les murets.

Elle y côtoie notamment le chrysanthème des Cévennes (ou chrysanthème de Montpellier : Leucanthemum monspessulanum), qui s’il se rencontre dans tout le Massif Central, est particulièrement abondant en Cévennes. Parmi les autres curiosités du biotope, citons l’élégant millepertuis à feuilles de lin (Hypericum linarifolium), à ne pas confondre avec le classique millepertuis perforé.

Plus commune en France, mais non moins spectaculaire, la Silène armérie (Silene armeria) offre à la fin du printemps de superbe bouquet d’un rose vif.

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